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Sciatique et sport

17.05.17, 14:33
| ©ameli
Sandrine Mercier : Dr Sène, vous allez nous parler d’une pathologie fréquente la sciatique, elle peut toucher le sportif. C’est quoi finalement une sciatique ?

Dr Jean-Marc Sène médecin du sport et médecin de l'équipe de France de  judo :

La sciatique est le nom courant d’une douleur de jambe dont l’origine est le dos le long du trajet du nerf sciatique.

La sciatique n’est pas une maladie en soi. Elle est le signe que le nerf sciatique est irrité. La majorité des cas sont attribuables à une hernie discale, qui vient comprimer l’une ou l’autre des 5 racines du nerf sciatique. Les symptômes varient légèrement, selon la racine atteinte. (La racine est la partie du nerf qui rejoint la moelle épinière à l’intérieur de la colonne vertébrale.)

Les signes les plus courants de la sciatique sont :

- Une douleur de la jambe ou « tronquée » sur une partie du trajet la douleur sera localisée derrière la cuisse, sur le coté externe de la jambe, le dessus du pied et le gros orteil si la racine L5 est irritée et la douleur sera située derrière la cuisse, au niveau du mollet, du talon, de la plante et du bord externe du pied pour la racine S1 ;
- Une douleur souvent déclenchée par la pratique du sport ou un effort mais pouvant persister au repos ;
- Une douleur amplifiée à la toux, aux changements de positions, aux éternuements ou en allant à la selle ;
- Des fourmillements, un engourdissement et une faiblesse musculaire pouvant survenir à certaines zones de la jambe et du pied ;

- Sandrine Mercier  :quand faut il consulter ?

- Dr Jean-Marc Sène :

Lorsque des symptômes s’apparentant à ceux d’une sciatique se déclarent, il est préférable de consulter un médecin pour obtenir un diagnostic précis.
S’il s’agit d’une sciatique et que les traitements ne parviennent pas à soulager la douleur ou que celle-ci s’amplifie, consultez un médecin de nouveau.

Consultez un médecin en urgence si :

- la douleur au dos est intense au point d’être difficilement supportable;
- les symptômes de sciatique s’accompagnent d’incontinence urinaire ou fécale (ou au contraire, de rétention), d’impuissance, de perte de sensibilité dans la région du périnée et à l'intérieur des cuisses ou d’une difficulté à se tenir debout ou à monter un escalier;
- en plus des symptômes de sciatique, une perte de poids rapide et inexpliquée survient.
Si en plus de la douleur ou à sa place apparaît une paralysie de la jambe ou du releveur du pied, il faut consulter au plus vite.

- Sandrine Mercier : comment soulager les douleurs ?

- Dr Jean-Marc Sène :

1- Prendre des antalgiques
Afin de soulager la douleur, vous pouvez prendre l’un des deux types de médicaments suivants : Du paracétamol ; Un anti-inflammatoire non stéroïdien ou « AINS » (ibuprofène, kétoprofène) ou l’aspirine. Ces médicaments doivent être utilisés seuls, ne mélangez pas les anti-inflammatoires et l’aspirine.
Pour une meilleure efficacité, prenez un médicament le plus tôt possible, idéalement dès le début de la douleur.

2- Se reposer allongé
Mettre une source de chaleur dans le dos type bouillotte ou autre en restant allongé 15 minutes le matin et le soir.

3- Vous pouvez aussi utiliser transitoirement une ceinture lombaire.
Lorsque vous devez faire un effort trop intense.

4- Après prescription médicale
Aller chez le kinésithérapeute ou chez votre ostéopathe diplômé. La balnéothérapie est antalgique et vous permet de bouger sans réveil douloureux.

- Sandrine Mercier  : Faut-il rester allongé ou est il possible de continuer le sport?

- Dr Jean-Marc Sène :
Il faut s’étirer et bouger.
Ne rien faire n’est pas une bonne solution il faut bouger pour éviter la survenue d’une contracture douloureuse associée à une position antalgique.

Continuez vos activités en les adaptant.
Ne pas forcer. Éviter les mouvements brusques ou statiques.
Maintenir une activité physique, même minime et pourquoi pas la piscine.
Reprendre une activité physique ou sportive adaptée est la meilleure garantie pour une guérison rapide.
La pratique du sport ou de l’activité physique sera autorisée rapidement dès la disparition de la douleur de préférence sans ceinture lombaire.

Si votre travail est sédentaire, l’interruption de travail dépendra du temps de trajet et de l’intensité de la douleur.
Si votre travail est physique, votre arrêt sera adapté à la pénibilité de votre travail.
 

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Article mis à jour le 17.05.17
par  
Sandrine Mercier