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Quelle alimentation adopter pendant le Ramadan et que faire si je suis diabétique ?

15.05.17, 15:21
| iStock photo

Quels sont les conseils à retenir pour adopter une bonne alimentation durant le Ramadan ?

Stéphane Besançon, nutritionniste et directeur de l'ONG Santé Diabète au Mali :

Il est important de bien différencier les deux repas principaux qui composent la journée alimentaire durant le Ramadan.

Il y a tout d’abord, le premier repas de la journée, appelé « sahur » ou « repas de l’aube ». Il est central car il permet d’accumuler l’énergie nécessaire pour tenir toute la journée de jeûne. Il doit être pris le plus près possible de l’aube et doit être composé majoritairement de glucides (pain, céréales …) qui permettent de réaliser cette accumulation d’énergie pour le reste de la journée.

Il y a ensuite, le second repas, appelé Iftar, qui est pris au moment de la rupture du jeûne. Il faut éviter que ce repas soit trop riche en produits très sucrés comme les gâteaux, les bonbons, les boissons sucrées ou les fruits secs. Il faut privilégier la consommation de céréales accompagnés de légumes et de viande ou de poisson, mais en privilégiant les viandes maigres plutôt que les viandes grasses comme le mouton.

Claire Hédon: Durant cette période on se focalise souvent sur les aliments mais on oublie souvent la question de l’hydratation, pourquoi est-ce également très important durant le Ramadan ?

Effectivement, la question de l’hydratation est centrale. D’abord, il ne faut pas oublier que la période de Ramadan se déplace sur le calendrier. Dans de nombreux pays, la durée journalière du jeûne et la température extérieure peuvent être très différentes d’une année à l’autre faisant ainsi fluctuer les besoins en eau de chacun. Par exemple, cette année, le jeûne va se dérouler durant les mois de mai-juin avec une durée quotidienne du jeun longue et une température élevée. Il est donc crucial, de bien s’hydrater durant la nuit et avant l’aube avec de l’eau en évitant au maximum les boissons sucrées. Ceci va permettre d’éviter, au maximum, le risque de déshydration durant la journée de jeûne. 

Claire Hédon
: Durant cette période, nos auditeurs qui sont diabétiques se demandent souvent s’ils doivent jeuner ou non, qu’en est-il réellement ?

La majorité des études internationales ont démontré que le principal risque couru par les personnes atteintes de diabète durant cette période est une augmentation de deux complications aigues : l’hypoglycémie (quand le taux de sucre sanguin descend trop bas) et l’hyperglycémie (quand le taux de sucre sanguin monte trop haut). Ces deux complications pouvant conduire au coma et à la mort.

Il faut donc absolument que les patients diabétiques réalisent une consultation médicale, avant le démarrage du jeûne, afin d’évaluer s'ils sont à risque ou non et par conséquent si le jeûne est possible ou non. Le niveau de risques est généralement classé en 3 catégories :

  • Les patients à risques très élevés et pour lesquels le jeûne est contre indiqué si, dans les 3 mois précédant le jeûne, le patient a eu une hypoglycémie ou une hyperglycémie sévère, une glycémie mal contrôlée ou une maladie associée au diabète ;
  • Les patients à risques élevés et donc pour lesquels le jeûne est aussi contre indiqué si le patient présente des hyperglycémies modérées, une insuffisance rénale, des complications chroniques ou si le patient est âgé et fragile ;
  • Les patients à risques modérés ou faibles (qui peuvent donc jeuner) : si le patient a un diabète très bien équilibré et n’ayant pas d’autres pathologies associées au diabète.

Claire Hédon : Si le médecin autorise la pratique du jeûne du ramadan est ce qu’une surveillance spécifique doit être mise en place pour les patients diabétiques ?

Oui tout à fait. Cette surveillance est indispensable et doit s’organiser, avant le démarrage du jeûne du mois de Ramadan, lors de la consultation avec le médecin. Elle permettra, aux professionnels de santé, de mettre en place le jeûne en organisant notamment les repas et l’hydratation, tout en adaptant le traitement au mieux, pour limiter la survenue de complications. Ensuite, cette surveillance doit se poursuivre durant tout le mois de Ramadan en se rappelant bien qu’il est autorisé d’interrompre le jeûne si son état de santé se dégrade et que le diabète se déséquilibre. En effet, le Coran est très clair, pour dire que le jeûne peut être facultatif ou interrompu en cas de risque santé, dans la sourate 2 verset 185 qui dit : « Allah cherche à vous faciliter l’accomplissement de la règle. Il ne cherche pas à vous la rendre difficile ».
 

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Article mis à jour le 15.05.17
par  
Claire Hédon