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Présidentielle: petit glossaire d'une campagne 2.0

19.03.17, 15:30
Au siège du réseau social Snapchat, à Venice, en Californie, le 13 novembre 2013 | © 2017 AFP

Les tracts semblent une relique du XXe siècle : dans les QG des candidats, on discute plutôt "NationBuilder", "Discord", "live Facebook" ou followers. Petit glossaire d'une campagne 2.0 qui réinvente le militantisme.

- Followers -

Les deux candidats les plus actifs sur internet, et depuis longtemps, sont la présidente du FN (1,25 million d'abonnés sur Facebook, 1,3 million sur Twitter), et Jean-Luc Mélenchon (680.000 abonnés Facebook, 990.000 sur Twitter et 230.000 sur sa chaîne YouTube). Viennent ensuite Emmanuel Macron (560.000 sur Twitter, 200.000 sur Facebook, 10.000 sur YouTube), François Fillon (456.000 sur Twitter et 300.000 sur Facebook) et Benoît Hamon (345.000 sur Twitter, 130.000 sur FB).

Tous utilisent les réseaux pour parler directement aux Français, sans le filtre des journalistes et de leurs questions. Une stratégie revendiquée surtout par les mieux implantés, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Mais le nombre d'abonnés n'est pas clé: Nicolas Sarkozy avait six fois plus d’abonnés Facebook que François Fillon lors de la primaire.

- Tweets -

Du 6 au 13 mars, les candidats ont été mentionnés en bien ou en mal, dans 3,2 millions de tweets, un record, dont environ 1 million pour François Fillon et Emmanuel Macron, 550.000 pour Marine Le Pen, 350.000 pour Benoît Hamon et 240.000 pour Jean-Luc Mélenchon, selon le cabinet Visibrain.

- NationBuilder -

La France Insoumise et Les Républicains ont tous deux choisi NationBuilder, outil de gestion des contacts adopté aussi par Trump et de nombreux partis et ONG européens. En Marche! a construit sa propre plateforme pour recruter ses 220.000 adhérents et a créé 3.900 comités.

Chaque parti s'appuie sur des fichiers de milliers de sympathisants prêts à relayer les messages sur les réseaux sociaux, sur des logiciels de veille et sur de puissantes plateformes en ligne pour piloter le recrutement, les dons et les réunions de soutien.

- Tutoriels et carte des réunions -

"Quand on adhère à la France insoumise, on vous propose soit de rejoindre un groupe d’appui, soit d’en créer un. Quand on adhère à En Marche!, vous êtes géolocalisé et on vous propose de venir assister au groupe de travail le plus proche de chez vous", explique l'expert Thierry Herrant, d'Equancy.

Le site de la France Insoumise, inspiré de la campagne de Bernie Sanders, fournit par exemple des tutoriels pour organiser réunions ou transports en car, et des arguments pour convertir ses proches.

- Militantisme 'paresseux' -

"Le vrai changement apporté par les réseaux sociaux a été de réinventer le militantisme. Les partis ont de plus en plus de mal à trouver des gens pour faire du tractage. L’outil numérique permet un engagement paresseux, allant des like aux dons", relève Thierry Herrant.

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Article mis à jour le 19.03.17
par  
KEVORK DJANSEZIAN