Forêt tropicale: des chefs religieux prennent leur bâton de pèlerin

19.06.17, 17:26
Un arc-en-ciel se forme au dessus de la forêt de Ulu Baram en Malaisie, le 13 décembre 2007 | © 2017 AFP

Des chefs religieux et spirituels se sont réunis lundi à Oslo pour mettre leur autorité morale au service de la lutte contre la déforestation, fléau qui prive chaque année la planète de dizaines de milliers de km2 de forêt tropicale.

Issues des cultes chrétien, musulman, hindou, bouddhiste, taoïste ou encore juif, ces personnalités vont s'entretenir pendant trois jours avec des représentants des populations autochtones, des climatologues et des experts des droits de l'Homme en vue d'adopter un plan d'action interconfessionnel en 2018.

"Nous croyons que c'est la première fois de l'Histoire que des leaders de toutes les principales religions et croyances, des autochtones des pays abritant une forêt tropicale, des scientifiques, des gouvernements unissent leurs forces pour protéger l'écosystème le plus riche et unique sur Terre: la forêt tropicale humide", a expliqué Lars Løvold, directeur de l'ONG Rainforest Foundation Norway, l'un des initiateurs.

Cet écosystème "fournit des services globaux en termes de maintien de la biodiversité, de régulation du climat et de lieu de vie pour des millions et des millions de personnes", a-t-il fait valoir lors d'une rencontre avec la presse.

Subissant les multiples agressions de producteurs d'huile de palme ou de soja, d'élevages de bovins, de compagnies minières ou encore de l'industrie forestière, la forêt tropicale a, selon l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l'agriculture (FAO), perdu 7 millions d'hectares entre 2000 et 2010 même si le rythme de disparition a fortement ralenti.

"L'accord de Paris (qui vise à maintenir en deçà de 2°C la hausse du thermomètre mondial, ndlr) est condamné si la déforestation continue", a estimé le ministre norvégien du Climat et de l'Environnement, Vidar Helgesen.

"Malheureusement, nombre des peuples indigènes sont traités comme des criminels quand ils (...) se battent pour la restauration et la protection de leur forêt", a déploré la Rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits des peuples autochtones, Victoria Tauli-Corpuz.

Outre un plan d'action, les promoteurs de l'Initiative interconfessionnelle pour la forêt tropicale --qui comptent aussi le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud)-- ambitionnent la tenue d'un sommet inter-religieux l'an prochain.

"Les religions du monde, chacune à sa façon, contiennent un appel moral à protéger les forêts tropicales", a souligné William Vendley, secrétaire général de l'ONG Religions for Peace, dans un communiqué.

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Article mis à jour le 19.06.17
par  
AFP