Ferme des "1.000 vaches": audience sur le fond mardi au tribunal administratif

19.06.17, 19:31
La ferme picarde dite des "1.000 vaches", exploitation laitière industrielle à Drucat, près de l'aérodrome d'Abbeville, dans la région des Hauts-de-France, le 20 juin 2014 | © 2017 AFP

Le tribunal administratif d'Amiens examinera mardi le litige opposant sur le fond la préfecture de la Somme et l'exploitant de la ferme picarde dite des "1.000 vaches" sur l'autorisation de dépassement du cheptel, nouvel épisode judiciaire de ce dossier au long cours.

En janvier 2016, le tribunal administratif d'Amiens, saisi en référé, avait donné raison à l'exploitant: il avait ordonné la suspension des arrêtés préfectoraux qui le mettaient en demeure de revenir à 500 vaches et de payer, dans le cas contraire, 7.800 euros d'amende et 780 euros d'astreinte journalière.

Le Conseil d’État avait confirmé cette décision en juillet 2016, tout comme il avait rejeté le recours de la ministre de l'Environnement de l'époque Ségolène Royal, dans l'attente d'un jugement sur le fond.

C'est précisément l'objet de l'audience mardi matin, alors que l'exploitation compte "865 vaches laitières", a indiqué à l'AFP Michel Welter, directeur d'exploitation de cette ferme conçue initialement pour 1.000 bêtes, qui exporte sa production en Belgique.

"On revendique haut et fort que notre dossier a été construit à 1.000 vaches, si on nous ramène à 500 vaches, ça peut être compliqué", souligne M. Welter.

La préfecture considère de son côté que le seuil de 500 vaches ne peut être dépassé sans autorisation. En juillet 2015, elle avait ainsi mis en demeure la ferme de réduire son cheptel à cette taille-là.

L'association Novissen, farouchement opposée à cette ferme implantée à Drucat (Somme) au titre de la lutte contre l'agriculture productiviste, interviendra lors de l'audience, sans avoir néanmoins le statut de partie. Pour son directeur de la communication Philippe Sallé, interrogé par l'AFP, "cela fait plus d'un an et demi que les choses traînent. On aimerait bien qu'il y ait enfin un jugement qui reconnaisse les problèmes de cette ferme notamment en termes d'écologie".

Une position contraire aux conclusions de l'enquête publique sur l'extension de 500 à 880 vaches en février 2016, qui s'était soldée par un avis favorable. "Face à la suppression des quotas, à la libéralisation du marché, et de fait à la concurrence européenne, ce type de ferme est une réponse pour faire face aux importations de lait (Allemagne, Danemark)", avaient ainsi soutenu les enquêteurs.

Les premières bêtes étaient arrivées en septembre 2014 dans cet établissement, qui permettait de démarrer l'exploitation de cette ferme géante, dont la taille envisagée est sans précédent en France.

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Article mis à jour le 19.06.17
par  
FRANCOIS LO PRESTI